Hier, le ministre Blanquer annonçait une nouvelle réforme de sa propre réforme du bac, en donnant une place plus importante au contrôle continu.

Cette année, les élèves de terminale passaient 30% du bac en contrôle continu au travers du passage des E3C (épreuves communes) complété par 10% des notes du bulletin à l’année puis 60% en épreuves finales.

Aujourd’hui, Blanquer entérine la suppression des épreuves communes. Cela veut dire que les 40% de la note finale du bac sera composée de la moyenne des notes du bulletin de l’année de terminale.

Cela parait être un petit ajustement technique. Or, la suppression de ces épreuves communes finit d’achever le cadre national du baccalauréat. Rien que ça !

Cette pression sera celle des chefs d’établissement soucieux de la réputation de leurs lycées, mais aussi des parents et des élèves, préoccupés à juste titre par un système de notation qui définira l’avenir étudiant des élèves.

L’anonymat était jusque là au coeur de la garantie d’égalité des élèves partout en France mais également de l’impartialité des enseignants. 

Cette nouvelle réforme crée un bac « local », un diplôme d’établissement, qui n’aura pas la même valeur en fonction de son lieu d’habitation. Très concrètement, les élèves de ma circonscription auront encore un peu moins de chance d’intégrer une université sélective car leur bac sera encore un peu plus considéré comme « moins prestigieux » que celui d’un lycée parisien du 16ème arrondissement. 

On est ici bien au coeur du système Blanquer. 

Profitant de « l’opportunité » de la crise sanitaire, le ministre impose enfin sa réforme initiale de démantèlement du cadre national du baccalauréat. Cette mesure suit la logique de mise en concurrence entre les établissements pour une meilleure « performance », appliquant au service public de l’éducation les lois du marché et considérant par là même les élèves comme des consommateurs-clients.