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L’Assemblée nationale examine enfin la proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Ce texte est le fruit d’un immense mouvement populaire, né du travail acharné de centaines d’associations féministes et de protection de l’enfance, et brutalement relancé par le meurtre de Lyhanna. Une tragédie qui a révélé une blessure profonde dans notre société. Je regrette, comme beaucoup, qu’il faille des drames pour que les choses bougent enfin Je suis membre de la commission spéciale chargée d’examiner ce texte, et j’en suivrai les travaux tout au long de l’examen.
Pour la première fois, la loi ne traite plus ces violences comme des faits isolés, mais reconnaît leur caractère systémique, c’est une avancée majeure.
Je porterai des propositions d’amélioration concernant notamment les violences sexistes et sexuelles au travail. Avec mes collègues, nous veillerons aussi à ce que la version définitive de la loi ne cède pas à une logique répressive qui ne pense la réponse pénale qu’au travers de la prison.
Défendre la prise en compte du traitement des auteurs, grand absent du texte à ce stade est pourtant un enjeu majeur si nous voulons briser la chaîne de reproduction de ces violences.
Une loi ne vaut que par les moyens qu’on lui donne. Le texte présenté par des députés.es prévoit 3 milliards d’euros par an de 2027 à 2032 ; le gouvernement, lui, ne parle que de reconduire une enveloppe de 1,5 milliard. Sans financement pérenne, sans plus de médecins scolaires, de travailleurs sociaux, de magistrats, cette « réponse intégrale » restera un vœu pieux, et laissera les victimes, associations et professionnels une fois de plus démunis. A une loi intégrale, il faut un budget intégral. La lutte n’est donc pas terminée.
Parce que ce sujet nous concerne toutes et tous, j’organiserai bientôt une réunion publique dans la circonscription pour en parler ensemble et construire la mobilisation.