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Madame la Ministre,
Ce jeudi se tiendra le huitième groupe de travail sur la protection sociale complémentaire dans la fonction publique hospitalière.
Neuf réunions, et toujours aucun engagement clair de la part l’État.
Les représentants des personnels hospitaliers, (1,2 million d’agents dans le pays), participent à une négociation sans garantie, sans arbitrage, autrement dit à une discussion à l’aveugle.
Ce sont pourtant celles et ceux que la Nation a applaudis, ces femmes et ces hommes essentiels qui continuent à faire tenir le service public de santé dans des conditions de travail toujours plus dégradées par vos choix politiques.
L’enquête menée par l’IGAS et la Direction générale des finances publiques sur la dette hospitalière renforce l’inquiétude : les augmentations issues du Ségur ne sont toujours pas intégralement compensées et continuent de peser lourdement sur les budgets des établissements.
Dans ces conditions, comment envisager la mise en place d’une protection sociale complémentaire ambitieuse, à la hauteur de ces personnels essentiels et exposés, sans garantie que son financement ne reposera pas, directement ou indirectement, sur des hôpitaux déjà exsangues ?
Nous refusons une protection sociale au rabais comme nous refusons qu’elle serve de prétexte à un nouveau désengagement de l’État. Plus largement, nous alertons sur une dérive : celle qui consiste à substituer l’extension des complémentaires à un renforcement de la Sécurité sociale, au profit d’acteurs lucratifs et de mécanismes inégalitaires.
Cette méthode s’inscrit, hélas, dans la continuité d’un PLFSS 2026 qui n’a pas répondu aux besoins de l’hôpital ni à ceux de ses agents. Si aucun arbitrage clair n’est rendu, si aucun engagement n’est pris, ce sont encore les effectifs — et donc les patients — qui risquent d’en payer le prix.
Madame la Ministre, le gouvernement s’engagera-t-il à garantir un financement intégral, pérenne et national de la protection sociale complémentaire des agents hospitaliers, sans que cette charge pèse sur les budgets des établissements ni sur l’emploi hospitalier ?