Violences à l’université : ma question au Premier ministre

Je me suis rendu hier soir au commissariat de Nanterre pour m’assurer du traitement digne des 7 étudiants placés en garde à vue après l’opération policière. Ces méthodes ne sont pas acceptables, elles le sont d’autant moins quand elles se multiplient, qu’elles se banalisent. Le silence du gouvernement n’est pas non plus tolérable dans ces périodes de violence. C’est pourquoi j’ai interrogé ce mardi 10 avril le premier ministre à ce propos.

« Faire de l’université un lieu purement utilitariste et producteur d’immédiateté ne peut conduire qu’à des sociétés faibles, soumises et tendues ». C’est la crainte exprimée par un maitre de conférence et ce à l’image de nombre d’étudiants et professeurs mobilisés depuis plusieurs semaines contre votre sélection à l’université.

Hier, étudiants et personnels de l’université de Nanterre ont été les victimes ou témoins sidérés de violences policières choquantes. Alors que se tenait une assemblée générale étudiante, gendarmes et CRS, sur ordre de la Présidence de l’Université, sont venus déloger les étudiants : matraquage, lacrymogènes …

20 heures plus tard, Victor, Andreas et quatre autres sont toujours en garde à vue. Leur avenir demeure incertain quant aux poursuites judiciaires. Ils doivent être libérés.

Cette utilisation de la force démesurée est totalement inédite au sein d’une Université, lieu de savoir et de démocratie, lors d’une assemblée générale. Ainsi, la Présidence commémore mai 1968 d’une main et dégaine la matraque de l’autre. Mais ce n’est pas le premier événement. C’est même un climat qui s’installe dans une suite d’événements violents : à Lille, à Nancy, expulsion brutale à NDDL, attaques de groupuscules d’extrême-droite à Tolbiac et Montpellier –qui eux d’ailleurs n’ont souffert d’aucune poursuite judiciaire.

Quel modèle de société proposez-vous donc à notre jeunesse ? Des policiers dans des écoles ? Des CRS pour les partiels ? Des étudiants en garde à vue ? Une société se juge pourtant à la fougue de sa jeunesse.

Et, ce mouvement étudiant s’inscrit, que vous le vouliez ou non, dans le mouvement social actuel. Cheminots, personnels de santé, retraités, fonctionnaires remettent en question le modèle de société profondément inégalitaire et déjà suffisamment violent porté par votre gouvernement et le Président Macron.

On ne peut pas régler tous les problèmes à coups de CRS disait Jacques Higelin. Comptez-vous régler tous les vôtres ainsi ? « 

La question en vidéo, à partager :

Violences sur les étudiant.es à Nanterre, Lille, Montpellier… On ne règle pas tous les problèmes à coup de CRS. Monsieur le Premier Ministre, comptez-vous régler tous les vôtres ainsi ?

Publiée par Elsa Faucillon sur mardi 10 avril 2018