Texte de l’intervention que j’aurais dû prononcer en séance publique si P. Devedjian ne m’avait pas coupé le micro !

vidéo de la séance du 15 avril : à 00h03mn05s

SEANCE DU CONSEIL DEPARTEMENTAL DU 15 AVRIL 2016
GROUPE FRONT DE GAUCHE – CITOYENS
(Parti Communiste Français – Gauche Citoyenne)

Intervention d’Elsa Faucillon
Construction de logements sociaux

Monsieur le Président, cher(e)s collègues,

Ce matin, devant le Conseil départemental, des Gennevilloises et Gennevillois sont venus dénoncer les politiques départementales en matière de financements de construction de logements sociaux. Elles sont discriminantes et méprisantes pour les habitants du logement social, trop nombreux à votre goût.

Vous nous avez fait savoir, Monsieur le Président, que vous accepteriez de nous recevoir, ultérieurement pour ne pas perturber la séance ! Nous vous demandons avec M. Leclerc qu’une délégation composée d’acteurs et de demandeurs de logements sociaux fassent partie de notre délégation. Une partie des présents ce jour était déjà la semaine dernière devant le Conseil Régional pour protester contre le dispositif anti-ghetto de Mme Pécresse, je ne suis pas étonnée que les politiques du CD92 et de la Région IDF se rejoignent, je note juste que Mme Pécresse nomme les choses très clairement !
Avant de vous remettre les 1400 pétitions vous demandant de revenir sur vos politiques de subventionnement de construction de logements sociaux, quelques remarques très rapides.

Cette politique n’est pas nouvelle dans notre Département. Elle a été mise en place en 2013. Depuis les Conseillers départementaux du groupe Communistes et citoyens, souvent en la voix de Jacques Bourgoin, n’ont eu de cesse de dénoncer la suppression des aides à la construction de logements sociaux, pour les villes qui en comptaient plus de 35%. Trois ans quel bilan ? Les Villes carencées, et même hors-la-loi SRU ,dans les Hauts-de-Seine n’ont pas pour autant rattrapées leur retard. Quand elles en construisent, c’est majoritairement du PLS. Et les villes qui ont la volonté de construire, d’entretenir, ont été limitées, empêchées. Bilan largement négatif si je puis dire ! A moins que le réel objectif de vos politiques en matière de logement social soit bien celui-là : exclure du département celles et ceux qui représentent plus de 70% de la population de notre pays.

Les besoins de constructions existent toujours. 12 millions de personnes sont touchées par la crise du logement, 5 millions subissent des loyers excessifs dans le parc privé et 600 000 sont en attente d’un logement social en Île-De France, 75 000 dans notre Département.

Malgré cette crise sans précédent, la pénurie est plus grande encore que lors de l’appel de 54, les subventions pour le développement du parc social sont en voie de disparition, contrairement aux promesses du candidat Hollande, qui étaient de doubler les aides à la pierre, avec pour intention d’en construire 150 000 par an. Finalement, en 2015, ce sont à peine 100 000 sont sortis de terre ! Pourtant les investissements existent puisque sur les 40 milliards du budget de l’Etat consacrés au logement, près 17 milliards d’euros ont été distribués l’an dernier à des bailleurs privés sous forme de crédits d’impôt et autres niches fiscales. Ces fonds devraient servir à résoudre la crise du mal-logement plutôt qu’à enrichir des investisseurs qui pour beaucoup d’entre eux ne connaissent pas ces difficultés. Dire et faire le contraire c’est contrevenir.

Dans le Département des Hauts-de-Seine, c’est l’argument du manque de foncier qui est mis en avant pour justifier le non rattrapage, en 16 ans, de la loi SRU. Pourtant, les programmes de standing ne manquent pas ici et là. Argument d’autant plus honteux que ce sont ces mêmes politiques spéculatives qui y ont fait flamber les prix. La mixité que vous appelez de vos vœux pour nos quartiers, pour les « sauver d’une susceptible ghettoïsation », n’est donc visiblement pas un concept transposable dans les villes et les quartiers les plus huppés. Alors oui, force est de constater qu’il existe de l’entre soi-sociologique, à l’image de votre projet de fusion avec les Yvelines, à l’image des habitants du 16ème arrondissement qui fustigent un projet d’installation de foyer de sans domicile fixe dans leur quartier.

Les habitants de Gennevilliers, de Bagneux, de Nanterre, de Chatenay-Malabry, de Fontenay, de Malakoff, de Villeneuve ou de Colombes n’ont pas besoin d’être stigmatisés. Ils ne méritent pas moins que d’autres d’accueillir des logements neufs et d’entretenir leur parc locatif social.
Vos politiques, monsieur le Président, comme celles de Madame Pécresse obligent des salariés à quitter la région et de nombreux jeunes à rester vivre chez leurs parents, contribuent à la spéculation immobilière, à la cherté des loyers.

Vous avez beau rappeler parfois ici qu’il y a de la place en province, vous ne pouvez pas ignorer ces problèmes. Le Conseil départemental doit consentir à contribuer à résoudre la crise du logement, à favoriser la construction de logement sociaux partout et pour tous. Aucune honte à cela, les personnes qui manifestent dehors ont la dignité de leur côté, ils souhaitent la faire respecter dans cette assemblée !

Je vous remercie.