Membre de la commission des affaires culturelles et de l’Education, Je n’ai de cesse à l’Assemblée nationale de dénoncer le manque de moyens et d’ambitions pour l’enseignement scolaire. Fin novembre, le gouvernement et son Ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer se sont d’abord vantés d’une hausse surprise. Belle opération de communication… mais elle ne suffit pas à cacher les insuffisances en matière de création de postes (d’enseignements, de personnels administratifs, d’entretien, d’AVS), de revalorisation salariale, d’investissement pour la scolarisation dès 2 ans…

C’est pourtant nécessaire pour garantir des moyens à tous les niveaux et dans tous les territoires. Le gouvernement exige en tous domaines de faire mieux…mais avec moins de moyens ! Les injonctions pour une dictée quotidienne sont une belle illustration de ce manque d’idées et de réflexions pour enrayer la crise.

Le président Macron a décidé dans ce contexte de laisser le choix du temps scolaire aux communes, comme si ce choix n’avait pas assez d’importance pour un cadrage national.

De plus, c’est une décision pipée dans une période de réduction drastique des moyens aux collectivités locales. Nombre de villes se sont d’ailleurs emparées de cette proposition en passant directement à la semaine des quatre jours pour faire des économies, certaines n’ayant plus vraiment le choix, d’autres y voyant de substantielles économies à réaliser. La réflexion quant à l’intérêt de l’enfant est donc passée au second plan.

Dans ma circonscription, à Gennevilliers, la décision a été prise d’une vaste consultation sur ce sujet. Tous les citoyens et les personnels scolaires sont appelés à se prononcer dans les urnes soit pour une semaine à 4 jours sans activités périscolaire ou à 4,5 jours avec activités périscolaires, ce sera mon choix.

D’abord je veux dire que cette initiative est trop rare pour ne pas être soulignée. Et ce ne sont pas les parents d’élèves de Clichy, qui réclament cette même consultation dans leur ville, qui me contrediront. Pour que chacun puisse se faire sa propre idée, confronter les points de vues des réunions, des débats ont été organisés.

Je voterai pour la semaine des 4,5 jours car ma conviction puisée dans l’expérience, c’est qu’il faut plus de moyens là où il y en a le plus besoin. Des moyens pour quoi ? Pour donner la possibilité à chacun et chacune d’acquérir des savoirs complexes, de progresser, de s’ouvrir aux autres en élargissant le champ des savoirs et des connaissances. Et c’est ce que s’efforce de faire la ville de Gennevilliers, à son niveau, en proposant des TAP (Temps d’Activités Périscolaire) de qualité gratuits et accessibles à toutes et tous.

Il y a des enfants qui n’ont que l’école pour réussir, pourtant de très nombreux pré-requis sont aujourd’hui exigés, la transmission se fait dans le cadre familial mais ce n’est pas le cas pour tous.

Je ne crois pas au « moins d’école » qui ne profitera pas à ceux qui en ont le plus besoin. L’instauration de la semaine de 4 jours sous la présidence Sarkozy n’a conduit à aucun progrès pour les élèves des milieux populaires. Les inégalités se sont amplifiées, la suppression massive de postes d’enseignants et des Rased n’a toujours pas été rattrapée.

Nous sommes tous portés parce le désir de faire ce qu’il y a de mieux pour notre enfant. Et chacun tente avec ses moyens de faire ce qu’il pense être le mieux pour son épanouissement. Nous le faisons aussi en souhaitant que tous les enfants puissent tous vivre en ayant tous les atouts dans leur manche. Mais nous ne vivons pas séparés des autres. Nous sommes une société. Chacun aspire à y vivre le mieux possible individuellement mais aussi collectivement. Or c’est nous qui composons ce collectif et de nos choix découlent la manière dont nous souhaitons vivre ensemble. C’est ce qui m’amène à faire ce choix et à respecter celles et ceux qui font le même et celles et ceux qui ne le font pas.