LUTTE CONTRE LA PRÉCARITÉ DES ACCOMPAGNANT.E.S D’ÉLÈVES EN SITUATION DE HANDICAP

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« Les invisibles sont ceux qui portent l’essentiel ! ». Ces mots d’une AED révoltée nous éclairent sur l’objet de ce texte de première importance. Celles et ceux que l’on a applaudi pendant des jours en début d’épidémie sont ceux que l’on a vite oubliés, ceux qui sont méprisés par l’institution. Les invisibles de l’éducation nationale, AESH et AED, ne veulent plus de vaines promesses : ils veulent des actes !

Bientôt 5 ans que l’on martèle la nécessité d’améliorer les conditions de travail de ces personnels de l’éducation. A chaque tentative, malgré un consensus si rare dans l’ensemble de l’opposition, nous avons reçu une fin de non-recevoir. 

De nouveau en commission, nous avons fait face à du mépris. Nous ferions là selon la majorité preuve de « politique politicienne ». 

Cette proposition de loi de doit pas être un énième rendez-vous manqué pour l’amélioration des conditions de travail des « petites mains » de l’éducation nationale. Les contractuels se multiplient mais leur statut s’aggrave. A la différence des fonctionnaires, les contractuels n’ont pas de grade. Ils ne peuvent pas gravir les échelons qui déterminent leur rémunération, ni voir celle-ci évoluer au cours d’une carrière publique. Ils sont de ce fait pieds et poings liés avec l’administration des établissements. Ce phénomène s’aggrave avec le recours croissant aux contractuels, une pratique au centre d’un projet néolibéral de dé-fonctionnarisation du service public de l’éducation nationale, porté par le Ministre Blanquer depuis le début du quinquennat. Ce projet se concrétise par un refus catégorique d’investir massivement dans l’école et cela, même en plein cœur d’une crise sanitaire sans précédent.

Cette proposition de loi, par son article 1, propose que les AESH soient directement recrutées en CDI et qu’elles bénéficient des primes REP et REP+.  Non, les CDD ne sont pas le moyen de préserver la « liberté des AESH ». Les CDI existent justement pour protéger les droits des salariés. Les AESH sont payés en moyenne 750 euros, soit en dessous du seuil de pauvreté fixé par l’INSEE. La mise en place des PIAL a aggravé les conditions de travail des AESH. Elles sont aujourd’hui confrontées à toujours plus d’élèves à suivre avec moins d’heures sur différents établissements. Cela se fait au détriment de la qualité du suivi des élèves en situation de handicap. Rappelons que les temps de trajet ne sont pas comptabilisés comme temps de travail et ne figurent pas dans leur emploi du temps. Rappelons aussi que la gratuité de la cantine n’est pas prise en charge alors mêmes qu’elles certaines fois pour mission d’y accompagner les enfants !

Cet article est un premier pas nécessaire avant la fonctionnarisation des AESH.

L’article 2 de cette proposition de loi ouvre la possibilité aux AED de signer un CDI et leur permet d’obtenir les primes REP et REP+. Cet article vise également à déterminer un taux d’encadrement minimum pour les AED. Les AED doivent à eux seuls combler le manque criant d’adultes dans les écoles. Véritables « couteaux suisses », ils doivent remplir diverses tâches en contact direct avec les enfants ou de nature administrative. En un jour, ils et elles remplissent mille taches pour pallier les manques des services scolaires : soutien scolaire, premiers soins, accompagnement psychologique, social, administratif. Des témoignages affirment qu’ils et elles croulent sous les tâches et se désolent de ne pouvoir faire que « surveiller et punir ». Payés au SMIC horaire, ces maillons indispensables des écoles, n’ont même pas été cités par le ministre Blanquer pour l’éventuelle obtention de masques. La seule mesure adoptée a été la possibilité pour les AED de faire des heures supplémentaires. Cette mesure renforce leur précarité et peut les mettre sous pression face aux chefs d’établissement.

Les AED réclament à juste titre un statut d’éducateur scolaire. 

Pour conclure, je réitère mon soutien envers tous les enseignants et personnels des écoles mobilisées dans les rues aujourd’hui.