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EDUCATION : UN BUDGET, CE SONT DES CHOIX POLITIQUES…

Mercredi soir, la commission des affaires culturelles et de l’éducation a auditionné le ministre Jean-Michel Blanquer, à l’occasion de l’examen du projet de budget de l’enseignement scolaire pour 2020. Un budget, ce sont des choix politiques.

Celui de l’éducation arrive après des réformes Blanquer qui vont à l’inverse d’une lutte contre les inégalités scolaires et culturelles, à l’inverse d’une démocratisation de l’école. Les conditions d’enseignement se dégradent, des contestations importantes existent de la part de nombreuses et nombreux personnels de l’éducation.

Derrière les annonces, des suppressions de postes ont eu lieu, des fermetures de classes aussi, et des adultes manquent encore dans trop d’écoles. Le niveau de salaire reste faible et ni les primes, ni les heures supplémentaires ne suffiront : les enseignants doivent bénéficier d’une véritable revalorisation de salaire. Vous pouvez retrouver ci-dessous le texte et la vidéo de mon intervention.

Monsieur le Ministre,

Il n’est pas question ici que de chiffres ou plutôt il est bien question de chiffres qui taisent trop de réalités. 

Vous avez tenté à la rentrée d’être plus rassurant après avoir enchainé des réformes austères et géré la contestation avec brutalité, vous vous êtes proclamés « avocat des professeurs », en annonçant une augmentation significative de leur revenu. La lucidité nous invitait à la prudence. 

Ce budget nous confirme que nous avons bien fait. 

Les 440 suppressions d’emplois en 2020 portent à 6290 le nombre de suppressions sur les trois budgets 2018-2019-2020, alors que les effectifs d’élèves auront augmenté eux de près de 100 000 élèves sur la même période. Dans le même temps, il y a eu en cette rentrée la fermeture de 112 écoles et 240 fusions d’écoles.

La création de 440 emplois dans le premier degré est loin des 1 800 postes que vous avez annoncés l’an dernier. Notons d’ailleurs que ce qui est donné d’une main au premier degré est repris par l’autre main au second degré. Depuis 3 ans, les créations de postes réalisées dans le premier degré l’ont été par redéploiement des moyens du second degré.

Dans les réalités évoquées par les professeurs, les directeurs et directrices d’école, les personnels de l’éducation, chacun exprime le manque d’adultes référents dans les écoles, de personnes qui peuvent prendre le relais, gérer à certains instants une difficulté particulière. Dans la dégradation des conditions d’enseignement, cela est particulièrement prégnant. Pourtant toujours aucune création de postes de CPE, d’AED, d’assistants sociaux, de psychologues de l’Education nationale, d’infirmiers, de médecins scolaires n’est prévu. L’ensemble de ces corps se sont mobilisés depuis le début du mandat pour dénoncer le manque de postes.

La dernière enquête de l’OCDE montre que tous niveaux confondus, les enseignants français et personnels de l’éducation nationale, gagnent 22% de moins que la moyenne des pays développés en milieu de carrière : il faut les revaloriser. 

La revalorisation de la prime REP+, est évidement la bienvenue. Tout comme la mise en œuvre du troisième volet du PPCR application d’une décision, déjà insuffisante, prise il y a 4 ans et repoussée d’un an par votre gouvernement dès son arrivée. 

L’ensemble des syndicats de la profession revendiquent depuis plusieurs années déjà une revalorisation générale du point d’indice. En lieu et place d’une revalorisation, un décret adopté en avril dernier permet d’imposer une deuxième heure supplémentaire aux enseignants.

Monsieur le ministre, à quand une réelle augmentation pour l’ensemble des professeurs ?

L’augmentation annoncée tambours battants d’un milliard pour le budget de l’éducation nationale prend en réalité en compte le financement correspondant à la hausse du GVT glissement vieillesse technicité, le doublement des primes Rep+, la prise en charge des AESH et le financement du SNU le milliard d’augmentation est très largement dépensé. 

Revoir mon intervention en vidéo
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