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AUDITION DE JEAN-MICHEL BLANQUER

Monsieur le ministre,

Je tiens d’abord à dire tout mon soutien aux professeurs mobilisés.

Vous avez annoncé à plusieurs reprises par voie de presse qu’il n’y aurait pas de grande loi Blanquer.

Or, l’ensemble des mesures que vous initiez depuis le début de votre prise de fonction, dessine une cohérence idéologique claire : celle de l’école conservatrice et inégalitaire.

Cette loi permet la reprise en main de l’institution scolaire par le ministère, et le ministre.

Réforme du lycée, celle du baccalauréat, Parcoursup et ce projet de loi répondent à la même logique : déstructurer l’éducation nationale et donner plus d’autonomie aux territoires.

Ces différentes réformes nuisent au cadre national de l’éducation et créé de fait des parcours d’initiés.

Je soulèverai quelques-uns des points saillants de ce projet de loi injuste et inégalitaire.

Avec le projet de loi école de la confiance, vous instaurez davantage de défiance envers les professeurs notamment avec l’article 1.  Le Conseil d’Etat est pourtant défavorable à cette disposition qu’il considère comme non normative.

Ainsi le seul et unique objectif de cet article est de permettre davantage de sanctions disciplinaires.

Nous sommes au même titre que l’ensemble des professeurs contre cette disposition injuste.

Concernant l’article 13 sur la mise en place du pré-recrutement auquel nous sommes historiquement favorable nous souhaitons avoir quelques éclaircissements notamment au sujet de son financement. Quel budget financera cette mesure ?

Par ailleurs, nous considérons que les revenus prévus pour les élèves pré-recrutés sont trop peu attractifs et précaires. L’idée de pré-recrutement ne peut être effective sans moyens.

L’article 8 ouvre la possibilité aux établissements privés de lancer des expérimentations ce qui exacerbe la compétition entre public et privé, et bien entendu au détriment de l’école publique.

La question principale de mon groupe porte sur l’article 6 visant à créer des EPLEI.

Ces EPLEI pourront être financés par des organisations privées.

Notre question est la suivante : cet article a-t-il pour objectif de détacher certains lycées de la carte scolaire et de créer ainsi des pôles d’excellence contre des cités éducatives en zone prioritaires ?

 

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